Bahreïn : la mort d'un adolescent doit faire l'objet d'une enquête approfondie

Bahrein manifestations antigouvernementales
Au moins 35 personnes ont été tuées dans le cadre des manifestations antigouvernementales à Bahreïn.© Demotix

[06/10/2011]

La mort d’Ahmed al Jaber al Qatan, 16 ans, abattu alors qu’il participait à une manifestation antigouvernementale près de la capitale Manama dans la nuit du jeudi 6 octobre, doit faire l’objet d’une enquête indépendante et ses conclusions doivent être rendues publiques.

« La mort tragique d’Ahmed al Jaber al Qatan doit faire l’objet d’une enquête indépendante afin de traduire les responsables présumés en justice, a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.


« Si l’on découvre que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestants pacifiques dans des circonstances où aucune vie ne semblait menacée, nous serions une nouvelle fois en présence d’un cas inacceptable de recours excessif à la force. »


Ahmed al Jaber al Qatan, originaire du village d’al Shakhora, près de Manama, a été touché par des tirs de fusil lors d’une manifestation qui s’est déroulée dans le proche village d’Abu Saeiba.


Il a été conduit à l’hôpital international, établissement privé d’al Badie, à l’ouest de Manama, où il est décédé peu après.


Les autorités bahreïnites auraient annoncé qu’une enquête avait été ouverte sur sa mort, après que les experts médicolégaux du ministère public ont confirmé qu’Ahmed al Jaber al Qatan avait été abattu.


Ce décès porte le nombre total de victimes tombées lors des manifestations antigouvernementales à au moins 35.


Il survient deux jours après que le parquet de Bahreïn a ordonné que soient rejugés, devant un tribunal civil, 20 médecins et professionnels de la santé condamnés pour avoir soigné des militants blessés durant les manifestations en faveur de réformes.

Au moins 500 personnes ont été arrêtées à Bahreïn depuis que ces manifestations ont débuté en février ; quatre d’entre elles sont mortes en détention dans des circonstances suspectes. Plus de 2 500 personnes ont été renvoyées ou suspendues de leurs fonctions.