40 bougies pour les Actions Urgentes !

Tracy Ulltveit Moe (à gauche) et Luiz Basilio Rossi (au centre) © AI
Tracy Ulltveit Moe (à gauche) et Luiz Basilio Rossi (au centre) © AI

[19/03/2013]

Voici 40 ans que les membres des réseaux d’Actions Urgentes d’Amnesty International interpellent les autorités du monde entier sur le sort de prisonniers d’opinion, des condamnés à morts et de toute personne exposée à des risques immédiats pour son intégrité physique ou sa vie. 40 ans d’actions qui ont permis l’amélioration des conditions de détention et la libération de milliers de prisonniers.
Les groupes célébreront toute l’année ce mode d’action toujours aussi nécessaire et efficace.

Il y a 40 ans… la première action urgente est lancée

Lancée le 19 mars 1973 pour le professeur et syndicaliste Luiz Basilio Rossi, arrêté sous le régime militaire alors que les cas de torture et de disparitions forcées se multipliaient au Brésil, la première AU a permis, en deux semaines, de faire connaître le lieu de détention de M. Rossi et de laisser sa femme lui rentre visite.

Le but du tortionnaire est de vous isoler, de couper tous vos liens avec le monde extérieur. Mais Amnesty International a pu rompre cet isolement. Lorsque j’ai vu ma femme, j’ai su que mon cas avait été rendu public. J’ai su qu’ils ne pouvaient plus me tuer
Témoignage de Luiz Basilio Rossi, libéré en octobre 1973 puis exilé en Europe

Le système des Actions Urgentes a été mis en place pour répondre à la situation vécue par les prisonniers des régimes militaires, à la torture presque systématique et au risque de disparition très élevé auquel ces prisonniers étaient exposés.

Nous nous sommes rendu compte que nous avions omis de mettre en œuvre une tactique pour remédier à ce problème, et nous avons organisé une réunion à Londres avec l’un des principaux militants exilés du Brésil, le Secrétaire général d’Amnesty de l’époque, Martin Ennals, Maggie Beirne, qui était mon assistante à l’époque, et moi-même. Nous avons passé le week-end entier à définir ce que nous pouvions faire pour avoir un impact, sans pour autant mettre en danger l’image d’Amnesty, qui était connue pour faire des recherches approfondies avant de déclarer quelqu’un comme authentique prisonnier d’opinion…
Tracy Ulltveit Moe, chercheuse d’Amnesty International à l’époque

C’est ainsi qu’est né le système des actions urgentes, se focalisant avant tout sur les atteintes aux droits fondamentaux qu’il s’agisse de prisonniers d’opinion ou non. Il  s’est tout de suite révélé très efficace :

« C’était formidable lorsque nous avons appris que sa détention avait été reconnue et… nous avons littéralement dansé dans les couloirs d’Amnesty ! […]. Un tel succès pour la première action urgente, forcément, ça vous donne toute l’énergie du monde pour poursuivre sur votre lancée ! » se souvient Tracy Ullteit Moe.

Au fondement du travail d’Amnesty pour les personnes, les AU se sont aussi adaptées aux nouvelles menaces

L’action urgente reste un outil incontournable et efficace pour protéger les personnes victimes d’arrestation arbitraire, privées de soins en détention, exposées à des risques de torture, d’exécution ou de disparition forcée.

Mais les Actions Urgentes se sont diversifiées avec les années et portent aussi sur des défenseurs des droits humains menacés de mort, des communautés menacées d’expulsion, des personnes exposées à un retour à la frontière alors qu’elles sont en danger dans leur pays, ou encore sur des projets de loi portant atteinte aux droits fondamentaux.

Les Témoignages

Mon cas prouve que cette forme d’action a un sens, un impact
Vaclav Havel, ancien dissident puis président tchèque arrêté en janvier 1989 et libéré quatre mois plus tard grâce à un déluge de lettres et de fax envoyés par les militants et sympathisants d’Amnesty International.

Je ne peux pas dire à quel point la solidarité internationale nous a aidés. Sans elle, les communautés auraient été démolies […] Même si vous n’êtes pas à Port-Harcourt, mais en France. Si vous faites une simple déclaration ou signez une simple lettre, cela fait la différence
Marcus George, en lutte contre les expulsions forcées à Port Harcourt, au Nigéria, avec l’organisation Concerned Citizens (2012).

Ils ont arrêté les tortures psychologiques et physiques. […] Ca m’a donné un espoir pour ma libération. J’ai retrouvé l’envie de vivre, de penser
Rebiya Kadeer, défenseure des droits des Ouïghours en Chine, détenue de 1999 à 2005. Témoignage recueilli début 2013.

Rejoignez le réseau des Actions Urgentes !

Les groupes locaux d’Amnesty organiseront des évènements toute l’année pour promouvoir les Actions Urgentes, vous inviter à rejoindre le réseau et à écrire des courriers pour les personnes en danger.


Vous pouvez aussi vous inscrire dès maintenant ici.

Les autorités connaissent l’existence de ces lettres et savent que la personne est d’une certaine manière intouchable. Et je veux demander aux membres d’Amnesty et aux simples citoyens de continuer à écrire ces lettres. Cela aidera d’autres personnes, c’est très important

Igor Sutyagin, prisonnier d’opinion russe libéré en 2010


TELECHARGEZ NOTRE BROCHURE :

"Et si vous preniez une heure pour sauver une vie ? "