Emprisonné car réfugié, il est libre grâce à vous

Fadi Mansour à l'aéroport d'Atatürk © Fadi Mansour
Fadi Mansour à l'aéroport d'Atatürk © Fadi Mansour

[16/08/2016]

Trois ans après avoir fui la Syrie, Fadi Mansour a enfin retrouvé sa famille le 11 juin. Il avait passé plus d’un an en détention dans des conditions inhumaines à l'aéroport d'Istanbul. Retour sur son épreuve et notre mobilisation pour demander sa libération. 

Fuyant le service militaire en Syrie, il est renvoyé de pays en pays

Pour échapper au service militaire, Fadi a fui le Syrie pour le Liban en août 2012. Il est alors enlevé et retenu en otage par un gang local mais réussi à quitter ce pays  pour se rendre en Turquie. 

Après avoir passé environ un mois en Turquie, il se rend en Malaisie. Il se voit alors refuser l'entrée sur le territoire. Les autorités malaisiennes le renvoient en Turquie, où il est détenu environ huit mois à l'aéroport Atatürk d'Istanbul. 

Après avoir été attaqué et blessé par un autre détenu, il demande à aller au Liban.. Bien qu’ayant réussi à y aller, il ne sera pas admis sur le sol libanais et sera renvoyé alors à Istanbul où il sera de nouveau détenu. Pendant tous ces allers-retours, Fadi était réfugié et avait donc le droit d’entrer sur le territoire et demander la protection à ces différents Etats. Un droit qui n’a pas été respecté. 

Pendant tous ces allers-retours, le droit de Fadi en tant que réfugiés n’a pas été respecté, celui de demander l’entrée et la protection à ces différents Etats.

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Détenu pendant plus d’un an dans des conditions inhumaines

Pendant plus d’un an, Fadi a été détenu dans une pièce où il devait dormir à même le sol. La cellule ne disposant d'aucune lumière naturelle, l'éclairage artificiel fonctionnait  en permanence 

De plus, selon une procédure devenue habituelle, les autorités turques ont souvent recours à la détention pour faire pression sur les demandeurs d'asile et les réfugiés, afin de les forcer à retourner « volontairement » dans leur pays d'origine.

Pour sa part, Fadi envisageait de demander à être renvoyé en Syrie, car 

au moins là-bas je meurs une bonne fois pour toutes et c'est terminé, alors que chaque jour que je passe ici, je meurs à petit feu ».

Une mobilisation de longue haleine

Nous avons d'abord demandé sa libération de l'aéroport en décembre 2015, puis avons fait campagne en sa faveur pour attirer l'attention des médias sur son cas.

A travers le monde, notre réseau de militants « Actions Urgentes » a interpellé les autorités turques pour demander la libération de ce réfugié.

En juin dernier, Fadi a enfin été libéré et a pu rejoindre sa famille à Melbourne en Australie. 

Fadi a évoqué sa joie d'être enfin libre et sa gratitude envers toutes les personnes qui ont lancé des appels aux autorités turques pour permettre sa libération.  

Un grand merci à tous ceux qui se sont mobilisés.