États-Unis. S’il n’accorde pas la grâce à Edward Snowden, Barack Obama ternira le bilan de sa présidence

[14/09/2016]

En juin 2013, Edward Snowden a partagé avec des journalistes des documents des services de renseignements américains qu'il avait collectés alors qu'il travaillait comme sous-traitant en matière de sécurité à la NSA. Ces documents ont révélé l'ampleur des opérations de surveillance électronique mises en place par les gouvernements américain et britannique, qui surveillaient les activités en ligne et les communications téléphoniques de millions de personnes à travers le monde.
 
En réaction à la diffusion des révélations de Snowden, le président Barack Obama a publié une directive demandant aux agences de renseignements de modifier en profondeur les pratiques américaines de surveillance. En 2015, le Congrès a limité l'agence de surveillance gouvernementale pour la première fois en près de 40 ans, après qu'une cour d'appel fédérale a statué que la collecte d'informations par la NSA sur l’ensemble des conversations téléphoniques aux États-Unis était illégale.
 
Amnesty International a demandé à plusieurs reprises au gouvernement américain d'abandonner les charges retenues contre Edward Snowden, ou de lui garantir une défense d'intérêt public si son affaire va jusqu'au procès.
 
Cependant, plus de trois ans après ses révélations, Snowden demeure dans l'incertitude en Russie, sous la menace de lois sur l'espionnage héritées de l'époque de la Première Guerre mondiale, au titre desquelles il pourrait être inculpé de crimes graves s'il retourne aux États-Unis. La grâce présidentielle est la meilleure chance de liberté pour Edward Snowden.
 
« Snowden devrait rester dans les mémoires comme un défenseur des droits humains pour le service d’intérêt public qu’il a rendu. Le bilan du président Obama sera terni s'il quitte ses fonctions en laissant Edward Snowden exilé en Russie, loin de sa famille et considéré comme un ennemi de l'État », a déclaré Salil Shetty.
 
« Les charges portées à son encontre sont tirées de lois obsolètes et n'auraient jamais dû être retenues. Nous demandons à nos sympathisants de nous rejoindre pour exhorter le président Barack Obama à réparer une injustice flagrante et à affirmer que les lanceurs d'alerte et les personnes qui agissent au nom des droits humains seront protégés. »
 
Ben Wizner, avocat d'Edward Snowden et directeur du projet Liberté d’expression, vie privée et technologie à l'ACLU, a déclaré :
 
« C’est précisément pour des affaires comme celle d'Edward Snowden que le pouvoir d'accorder la grâce existe. Si certains présidents américains utilisent ce pouvoir pour gracier des personnes ayant commis des actes répréhensibles, le président Obama a la possibilité de reconnaître l'un des lancements d'alerte les plus importants de l'histoire moderne. À la lumière des contributions très concrètes d'Edward Snowden au débat démocratique dans le monde, nous devrions discuter de la manière dont nous pouvons, non pas le sanctionner, mais le remercier. »
 
 
Complément d’information
 
La pétition est accessible à ce lien et sur pardonsnowden.org (pour les résidents américains).
 
Au titre de l'article II, Section 2 de la Constitution américaine, les présidents américains ont le pouvoir d'accorder la grâce à des citoyens pour des infractions fédérales.